La femme-objet
Extrait de Échos péninsulaires II
Papa était encore une fois en boisson. Il entra en tricolant, comme c'était maintenant la coutume. Il s'assit dans son fauteuil et ordonna à ma mère de lui apporter à manger. Celle-ci s'empressa d'obéir aux ordres de mon père sans dire un mot. Après s'être rassasié, il se tourna vers maman et lui demanda ce qu'elle avait fait pendant la journée. Maman, un peu gênée, répondit:
- Pas grand-chose. J'ai fait du ménage dans la maison et j'ai gardé les enfants.
Papa prit un air sombre et menaçant. Il lui cria alors:
- Ma christ de menteuse! T'es encore allé fourrer avec tous les hommes des environs. T'es rien qu'une christ de putain.
Maman rougit violemment et nous fit signe de nous sauver au grenier. Mes frères obéirent, mais moi, je préférai me sauver au salon.
D'une fente dans le mur, je vis papa ramasser une bûche de bois qui gisait près du poêle et la lancer à maman. Celle-ci, qui avait la tête baissée, ne l'avait pas vue venir et n'avait pu se protéger le visage. Elle reçut la bûche en pleine face et une coupure de quelques centimètres apparut sur sa joue gauche.
Maman se mit à pleurer, non pas parce que papa lui avait lancé une bûche, mais plutôt parce qu'il l'avait humiliée encore une fois. Elle porta ses mains à son visage et se sauva en courant dans la chambre. Papa resta assis dans son fauteuil et continua à l'insulter de plus belle.
- C'est ça, christ ton camp dans la chambre. T'as besoin de brailler pour que je te pardonne, parce que tu ne le mérites pas.
Il se tut soudain et un silence de mort s'empara de toute la maisonnée. Et je me demandai si maman allait vivre encore longtemps. Un bruit sourd de sanglots brisait de temps en temps le silence, mais mon père ne s'en rendit même pas compte. Il se leva brusquement du fauteuil et se dirigea vers la chambre à coucher. Je me ruai alors vers le trou qui gisait dans le mur adjacent aux deux pièces et regardai le spectacle.
Maman se tenait debout près de la fenêtre lorsque mon père entra. Il s'avança droit vers elle, lui saisit le bras en le tordant un peu et lui dit brusquement:
-Déshabille-toi et viens te coucher.
Maman baissa la tête et répondit calmement:
-Ça ne me tente pas Arthur.
Papa rougit violemment et, d'un fameux crochet de droite, il fit tomber maman par terre. Il la releva immédiatement, la poussa dans le lit et se rua sur elle comme un animal sauvage. Maman tenta désespérément de lutter contre l'agresseur, mais ce fut peine perdue.
J'entendis sa blouse déchirer alors que la bouche gourmande de papa s'emparait des mamelons. Avec une force incroyable, il réussit également à déchirer les pantalons de maman. Maman était au désespoir. Elle luttait toujours. Je voyais ses ongles qui venaient griffer le dos de papa alors que celui-ci reposait toujours sur elle. Comme c'était affreux!
J'aurais voulu crier. J'aurais voulu dire à papa ce que je pensais au fond de moi-même, mais je n'osais pas bouger. La scène qui défilait devant mes yeux était terrifiante. Heureusement, j'étais le seul à en être témoin.
Papa réussit alors à dévêtir complètement ma mère. Il sortit alors maladroitement son sexe et posséda ma mère violemment. Lors de la pénétration, maman poussa un long cri strident. Cette plainte reflétait bien son impuissance face à l'alcoolisme. C'était un cri de désespoir, de tyrannie!
Elle abandonna toute volonté de lutter, car elle savait très bien que c'était peine perdue. Il fallait donc subir cette relation sexuelle, si écoeurante soit-elle, puisque c'était la seule façon de se débarrasser de son mari. Oui, il tomberait sans doute endormi immédiatement après s'être rassasié.
Je voyais le visage de maman qui était crispé par la douleur. Ses yeux à demi fermés étaient pleins de larmes. Ses joues étaient blêmes. Ses lèvres, elles, étaient démesurément piquées au vif tellement elle se les était mordues pour ne pas crier.
Maman était un véritable martyr! Elle subissait les assauts de mon père sans le moindre gémissement. Elle voulait en finir un point c'est tout. Quant à mon père, le mouvement de ses fesses bestiales s'était davantage accéléré pour se figer dans un soupir de soulagement. Il tomba à côté de ma mère et ne prit même pas le temps de rentrer son sexe avant de s'endormir.
Maman se leva avec peine. Son martyre était terminé puisque papa avait satisfait ses instincts de bête enragée. Je me demandais sérieusement si elle était encore en mesure d'endurer ce calvaire bien longtemps. Pourtant, je savais qu'elle n'aurait jamais la force de le quitter.
Elle s'habilla, se coiffa convenablement, essuya ses larmes et sortit de la chambre en prenant grand soin de demeurer silencieuse. Je sortis du salon et allai la rejoindre. En me voyant, elle comprit que j'avais tout vu. Elle me regarda droit dans les yeux et me dit tout simplement:
- C'est comme ça que vous avez tous été conçus.
Je baissai les yeux, songeur, et réalisai toute la portée de cette phrase. Chaque viol amenait un autre enfant. Et c'est à cet instant précis que je compris pourquoi nous étions aussi malheureux.
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